Il est possible d’enseigner sans concours. Vous bénéficiez alors d’un statut de contractuel ou de suppléant (selon que vous exercez dans le public ou le privé), moins avantageux que celui de titulaire.

Chaque année, plus de 60 000 enseignants non titulaires occupent des postes vacants ou remplacent des professeurs absents (maladie, congé de formation, de maternité…), à temps plein ou partiel. Ils représentent une « variable d’ajustement » indispensable pour l’Éducation nationale qui connaît une crise des recrutements par concours depuis quelques années.

La session 2022, par exemple, s’est révélée particulièrement problématique. Effet, au manque d’attractivité du métier se sont ajoutés les effets de la réforme des concours de l’enseignement.

Ainsi, au CAPES externe 2022, seuls 557 candidats ont été admis pour 1035 postes en maths, 60 sur 215 en allemand, 55 sur 134 en lettres classiques. De même, le CRPE 2022 compte seulement 424 admis pour 1430 postes proposés à Versailles, 419 pour 1079 à Créteil.

Au niveau national, ce sont environ 17 % des postes qui ne sont pas pourvus dans les premier et second degrés. Autant de postes ouverts aux contractuels.

Enseignant contractuel, suppléant ou vacataire : quelle différence ?

Le statut d’enseignant contractuel

C’est dans l’enseignement public que le terme de « contractuel » est utilisé. Le décret n° 2016-1171 du 29 août 2016 a modifié le statut des agents contractuels recrutés pour exercer des fonctions d’enseignement, d’éducation et d’orientation dans les écoles et les établissements publics d’enseignement du second degré.

L’enseignant contractuel est recruté en CDD pour une année scolaire ou moins, de manière reconductible, à temps plein ou partiel. Le contrat est fixé pour la durée du besoin à couvrir. S’il s’étend sur toute une année scolaire, le contrat comprend alors toutes les vacances scolaires et s’arrête à la veille de la rentrée suivante.

Au bout de six ans, deux possibilités se présentent pour l’enseignant contractuel : soit il se voit proposer un CDI, soit il cesse d’exercer. Il peut aussi devenir titulaire en obtenant un concours de l’enseignement.

Son salaire, inférieur à celui d’un titulaire, dépend de ses diplômes : il s’élève au minimum à 1 750 € brut avec un bac + 2, à près de 1 800 € brut au niveau bac + 3, voire plus selon l’expérience ou la spécificité du poste (un titulaire quant à lui perçoit environ 2 200 € brut en début de carrière). Des primes semblables à celles que perçoivent les enseignants titulaires peuvent s’y ajouter, et une réévaluation de la rémunération a lieu au moins tous les 3 ans.

Le statut d’enseignant suppléant

Dans l’enseignement privé, un enseignant contractuel est appelé « suppléant ». Il est recruté en CDD pour une année scolaire ou moins, de manière reconductible, à temps plein ou partiel. De la même manière que dans l’enseignement public, son statut permet de devenir titulaire via les concours internes.

Quant à la rémunération, elle est aussi d’environ 1 800 € brut par mois.

Le statut d’enseignant vacataire

Le statut de vacataire, qui existait dans l’enseignement public, a été supprimé en 2016. Il correspondait à l’intérimaire dans le secteur privé. L’enseignant était engagé par un chef d’établissement pour des « missions » ponctuelles, dans le cas par exemple du remplacement d’un enseignant titulaire en arrêt maladie. L’enseignant vacataire était donc susceptible de travailler dans plusieurs établissements au cours de l’année.

Un vacataire de l’enseignement secondaire était rémunéré à l’heure (34,30 €/h) pour un maximum de 200 heures par an, sans garantie de voir son contrat reconduit.

Enseignant contractuel ou suppléant : pour quel profil ?

Bien que pouvant être précaires, ces statuts alternatifs à celui d’enseignant titulaire attirent chaque année un nombre important de personnes intéressées par l’enseignement. Ces emplois sont, pour certains d’entre eux, un bon moyen de se ménager une « période d’essai » avant de décider de se jeter dans le grand bain de la préparation des concours.

D’autres encore exercent comme enseignants contractuels après un essai infructueux aux concours, avant peut-être de retenter leur chance… D’autres enfin préfèrent ce statut qui leur permet d’exercer dans la région de leur choix, ce qui n’est pas toujours le cas quand on est titulaire.

Il faut dire que ces emplois présentent l’avantage d’être relativement faciles d’accès. Outre les diplômes requis, les candidats doivent remplir les conditions d’aptitude physique exigées pour l’accès à la Fonction publique et n’avoir aucune mention inscrite au casier judiciaire incompatible avec l’exercice des fonctions. Aucune expérience pédagogique n’est exigée, même si elle bien sûr la bienvenue !

Conditions de diplôme dans l’enseignement public général (1er et 2nd degré)

Dans l’enseignement public, l’accès à un poste de professeur contractuel du premier ou du second degré est possible avec un diplôme de niveau bac + 3 voire, depuis le décret du 29 août 2016 et en cas de difficultés de recrutement, bac + 2.

Conditions de diplôme dans l’enseignement public technologique ou professionnel

Dans les disciplines technologiques et professionnelles, les candidats doivent justifier :

  • soit d’un diplôme de niveau bac + 3 ;
  • soit d’un diplôme technique comme un CAP, un BEP, un BP, un bac pro ou un BTS avec une expérience ou compétence professionnelle en lien avec la matière enseignée.

Conditions de diplôme dans l’enseignement privé

Dans l’enseignement privé catholique, les postes d’enseignants non titulaires (suppléants) sont accessibles, en primaire, aux candidats diplômés du bac + 2 ou 3 de leur choix.

Pour enseigner dans le secondaire, il est demandé d’être titulaire d’un bac + 2 ou 3 en concordance avec la discipline d’enseignement.

Conditions de diplôme dans l’enseignement agricole

Pour l’enseignement agricole public ou privé, dépendant du ministère de l’Agriculture, les exigences pour les candidats sont les mêmes que pour les filières techniques : être titulaire d’un bac + 3 ou d’un diplôme technique (CAP, BEP, BP, bac pro ou BTS) et d’une expérience professionnelle significative.

Comment postuler pour devenir enseignant contractuel ou suppléant ?

candidature professeur contractuel

Postuler dans l’enseignement public

Un nouveau portail unique permet de postuler pour devenir enseignant contractuel dans le 1er ou le 2nd degré : https://recrutement.education.gouv.fr/recrutement. Il regroupe toutes les offres d’emploi du territoire. Il suffit de créer un compte pour envoyer sa candidature à l’offre de son choix.

Pour les établissements publics d’enseignement agricole, les candidatures doivent être adressées :

  • soit au Service régional de la formation et du développement (SRFD) de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) ;
  • soit directement aux établissements.

Postuler dans l’enseignement privé

Dans l’enseignement privé catholique, les candidats doivent adresser une lettre de motivation et un CV au Service d’accueil et d’aide au recrutement (SAAR) du département de leur choix puis s’inscrire sur CAAC Web.

Comme avant de devenir titulaire, il faut obtenir un « préaccord collégial » avant de pouvoir commencer à enseigner. Il s’agit d’un entretien individuel de motivation avec un jury de chefs d’établissement. S’il est obtenu, le candidat est alors intégré à la liste des suppléants proposés aux établissements pour assurer les remplacements.

Cependant les chefs d’établissements ont la possibilité de refuser et choisir eux-mêmes le suppléant qu’ils souhaitent recruter. Les candidats peuvent donc également se renseigner directement auprès des chefs d’établissements.

Retrouvez toutes les étapes pour postuler en un coup d’œil !
vignette schéma devenir enseignant sans concours

Des offres d’emploi d’enseignants contractuels sont aussi diffusées sur le site de Pôle emploi : n’hésitez pas à les consulter régulièrement et à y postuler.

Des outils pour les nouveaux enseignants contractuels

Se retrouver propulsé à la tête d’une classe sans aucune expérience ni formation n’est à l’évidence pas chose aisée. De nombreuses académies, comme celle de Créteil, proposent sur leur site Internet un « guide du débutant » pour aider à la prise de fonctions et bien débuter dans la classe, avec des recommandations d’ordre aussi bien pédagogique qu’administratif.

Cependant, rien ne remplacera le partage d’expérience avec des collègues plus aguerris, que le nouvel enseignant non titulaire n’hésitera pas à solliciter en salle des professeurs.


Découvrez les témoignages de Solène, devenue suppléante après une remise en question professionnelle et de Marie, devenue suppléante après son échec au CRPE.

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