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La Reconnaissance des Acquis et de l’Expérience Professionnelle (RAEP) dans les concours de l’enseignement

Quels concours de l’enseignement sont concernés par la RAEP ? Qui peut y prétendre et dans quelles conditions ?
Sylvie Beyssade et Valentin Sartre présentent ici cette épreuve de recrutement spécifique.

Ils publient la 4e édition de « La RAEP dans l’enseignement » en janvier 2017. Un plus cette fois-ci : les auteurs vous proposent de relire votre dossier et de vous entraîner à l’oral. Comment les retrouver ? Envoyez un message à societe.sbco@yahoo.com en précisant clairement votre demande.



Sylvie Beyssade
Ancien haut cadre de la fonction publique territoriale
Formatrice et membre de jury de concours de la Fonction publique
Auteur de plusieurs livres sur la RAEP


Valentin Sartre
Médiateur agréé par l’ordre des avocats de Paris
Membre de l’Association des médiateurs européens

La RAEP a un caractère professionnel et concerne donc les concours internes

La RAEP a été introduite dans les concours de la fonction publique en 2007 pour professionnaliser et personnaliser les modes de sélection des candidats, que ceux-ci soient fonctionnaires ou non fonctionnaires.

L’objectif de cette nouvelle épreuve est de permettre au jury d’évaluer à la fois les connaissances, les compétences et les attitudes des candidats à partir d’un dossier écrit et d’un entretien oral.

Cette épreuve n’est pas anodine car elle suscite des interrogations sur les choix d’orientation passés et futurs qui ont, parfois, un effet déstabilisant. Pour autant, si l’esprit de la RAEP est compris, le résultat est toujours bénéfique pour le candidat qui fait en quelque sorte un « bilan de compétences » ou, plus simplement, le point sur son parcours.

RAEP : quels concours sont concernés ?

  • CAPES : professeurs certifiés de l’enseignement secondaire, sauf pour les sections documentation et éducation musicale et chant choral
  • CAPET : professeurs certifiés de l’enseignement technique
  • CAPLP : professeurs certifiés de lycée professionnel
  • Conseillers Principaux d’Éducation
  • Dans certaines conditions, la RAEP est intégrée dans le recrutement des professeurs des écoles.

Quelles sont les conditions pour prétendre à la RAEP ?

Prenons l’exemple du Capes. Le candidat doit justifier :
- d’une licence,
- ou d’un titre ou diplôme sanctionnant un cycle d’études postsecondaires d’au moins trois années, acquis en France ou dans un autre État, et attesté par l’autorité compétente de l’État considéré,
- ou d’un titre ou diplôme classé au moins au niveau II du répertoire national des certifications professionnelles.

Il est reconnu justifier de la condition de titre ou de diplôme s’il a ou a eu la qualité :
- de fonctionnaire titulaire dans un corps de personnels enseignants ou d’éducation,
- ou de maître contractuel des établissements d’enseignement privés sous contrat admis définitivement à une échelle de rémunération.

Les mères ou pères d’au moins trois enfants et les sportifs de haut niveau sont dispensés de diplômes.

Par ailleurs, le candidat doit être :
- fonctionnaire de l’une des trois fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière) ou des établissements publics qui en dépendent,
- ou enseignant non titulaire d’un établissement d’enseignement public ou privé sous contrat,
- ou enseignant non titulaire assurant un enseignement du second degré dans les classes d’un établissement scolaire français à l’étranger,
- ou assistant d’éducation recruté en application de l’article L 916.1 du code de l’éducation,
- ou maître d’internat ou surveillant d’externat dans un établissement d’enseignement public relevant du ministre chargé de l’éducation,
- ou militaire.

Le candidat peut également se présenter au concours si :

- il a eu la qualité d’enseignant non titulaire dans les établissements d’enseignement publics ou privés sous contrat pendant tout ou partie de la période comprise entre le 1er septembre de l’une des six dernières années scolaires et la date des résultats d’admissibilité ;

- il a eu la qualité d’assistant d’éducation recruté en application de l’article L 916.1 du code de l’éducation, de maître d’internat ou de surveillant d’externat dans les établissements d’enseignement publics relevant du ministre chargé de l’éducation nationale pendant tout ou partie de la période comprise entre le 1er septembre de l’une des six dernières années scolaires et la date des résultats d’admissibilité ;

- il a accompli des services dans une administration, un organisme ou un établissement d’un État membre de l’Union européenne ou d’un État partie à l’accord sur l’Espace économique européen autres que la France, dont les missions sont comparables à celles des administrations et des établissements publics dans lesquels les fonctionnaires exercent leurs fonctions en France. Si le régime de droit commun de recrutement applicable au personnel de cette administration, organisme ou établissement relève d’un statut de fonctionnaire ou d’un régime d’emploi contractuel de droit public ou d’un contrat de travail de droit privé à durée indéterminée ou renouvelable sans limite, il sera soumis aux conditions d’inscription applicables aux agents titulaires. Dans le cas contraire, il sera soumis à celles applicables aux agents non titulaires.

Le candidat ne peut pas s’inscrire s’il bénéficie d’un contrat aidé (contrat d’avenir, adultes-relais...) relevant du code du travail.

Source : Ministère de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche

RAEP : comment savoir si un poste correspondant à sa spécialité est ouvert ?

Le ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche publie un tableau sur lequel sont répertoriés tous les postes ouverts pour une année civile.

La RAEP est-elle une épreuve unique ?

Oui. Elle consiste en :

  • La présentation d’un dossier écrit qui est noté : c’est l’étape de l’admissibilité.
  • Puis un entretien avec le jury sur la base du dossier écrit : c’est l’étape de l’admission.

RAEP : quel est le calendrier d’inscription ?

Le dossier Raep est à déposer entre les mois de septembre et novembre de l’année en cours.

Les résultats et les convocations à l’entretien oral sont publiés au début de l’année N+1 (au moment où se déroulent les épreuves des concours externes).

Comment se présente le dossier écrit de la RAEP ?

Le dossier écrit est en général composé de 6 documents à compléter qui représentent moins d’une quinzaine de pages :

1. une page de garde ;
2. une fiche de renseignements sur le candidat et le CV ;
3. un rapport portant sur les acquis de l’expérience professionnelle ;
4. l’analyse d’une activité pédagogique marquante ;
5. l’authenticité des éléments présentés dans l’activité marquante ;
6. un ou deux exemples de documents ou travaux réalisés dans le cadre de l’activité décrite.

  • Pourquoi faut-il prendre de la hauteur avant de s’engager dans l’écriture ?

Les documents se suivent mais n’ont pas les mêmes objectifs :

- Certains d’entre eux (n°1, n°2, n°5, n°6) sont seulement descriptifs. Il suffit simplement de s’armer de patience pour compiler l’ensemble des informations demandées.

- En revanche, les documents n°3 et n°4 sont complexes. Il ne s’agit pas de se satisfaire de la répétition des informations qui ont été déjà présentées dans le CV ni de décrire des fiches de postes successives. Les jurys ont déjà des informations complètes à ce sujet.

  • Alors à quoi servent les documents dont les indications restent vagues ?

« Précisez vos motivations en deux pages » pour le n°3,
« Présentez une activité pédagogique marquante en 6 pages » pour le n°4.

En réalité, ces documents, qui se présentent sous la forme de pages blanches, sont essentiels pour réussir l’épreuve. Ils donnent au jury les clés de lecture pour vous connaître, vous comprendre et vous apprécier. Ils mettent en évidence ce qui vous valorise au regard des attentes de vos interlocuteurs. Par la suite, ils permettront d’engager une discussion ouverte et positive lors de l’entretien oral.

C’est là que réside la complexité de l’écriture car il faut que le dossier extirpe, d’une énumération factuelle, les éléments d’appréciation de votre personnalité.

Un exemple, au lieu de : « J’ai occupé un poste d’enseignant dans une classe de 6ème entre 2010 et 2015 » ; préférez plutôt : « Mon premier poste m’a aussitôt immergé dans les préoccupations des élèves car j’ai été professeur principal d’une classe de 6ème. Je me suis rapidement armé pour les aider à organiser leur travail scolaire, pour calmer leur crainte de se retrouver dans la cour de récréation avec des élèves agités, pour leur apprendre à s’affirmer posément en cas de conflits. Je précise que l’établissement était situé sur dans un quartier sensible… »

Dans la seconde formulation, le lecteur retient les mots-clés choisis par le candidat lui-même : organiser le travail, calmer, s’affirmer posément. Ces mots sont un code qui permet de comprendre la personnalité du candidat.

  • Qu’attend le jury ?

Extraits de bilans :

« La présentation du parcours professionnel ne doit pas être entendue comme la description exhaustive (vite fastidieuse) de toutes les expériences vécues ces dernières années (nombre d’établissements fréquentés, de mois d’enseignement conduits, d’élèves accueillis et de kilomètres parcourus). Nous ne pouvons que recommander ici la simplicité, dans le contenu, dans le ton ; cette présentation ne devant pas s’apparenter à une profession de foi. Il est donc souhaitable de parler de son parcours avec distance et retenue. Le jury a d’ailleurs repéré, à travers la lecture de cette première partie, beaucoup d’énergie et de générosité de la part de candidats engagés qui s’efforcent au quotidien, de répondre à toutes les attentes (de la part des élèves, des collègues, de l’administration…).

Il faudrait raisonnablement s’employer à rendre compte de cette expérience en étant suffisamment synthétique pour que les informations essentielles soient repérables, à privilégier le "significatif" de façon à révéler le parcours dans sa singularité.

Certains candidats parviennent avec succès à montrer en quoi ces différentes expériences professionnelles, cette mobilité permanente, leur ont permis de construire et d’affirmer une posture professorale. »

  • En résumé :

-  Le dossier écrit doit, dans l’ensemble, être soigné et sérieusement complété.
-  L’exposé des motivations doit donner de vous une image positive et dynamique.
-  Vous ne laisserez aucun doute sur votre aptitude à occuper un poste d’enseignant ou de Conseiller Principal d’Éducation.
-  La présentation d’une activité marquante doit révéler vos compétences didactiques et pédagogiques.

L’épreuve orale de RAEP

  • Comment se déroule l’entretien ?

Dans un premier temps, vous exposerez l’analyse d’un dossier préparé pendant 2 heures, puis le jury vous posera des questions à caractère pédagogique à la fois sur votre exposé et sur votre dossier RAEP. Éventuellement, vous serez invité (e) à parler de votre parcours professionnel pendant 5 à 10 minutes maximum.

Quoiqu’il en soit, le jury sera davantage intéressé par vos compétences dans le domaine de l’éducation. C’est plutôt sur l’expérience marquante et l’exercice de votre métier que porteront les questions.

  • Pourquoi faut-il longuement se préparer ?

Il faut être conscient que la position de candidat n’est pas confortable. Le stress, qui peut être positif, joue parfois des mauvais tours en paralysant la parole. Or, les blocages de ce type ne sont pas acceptés dans ce type de concours car il s’agit de choisir un professionnel qui doit maîtriser une classe ou l’organisation d’un établissement.

Par ailleurs, il faut se débarrasser des préjugés tels que : « on veut me piéger », « il y aura un méchant dans le jury », « et si je ne sais pas répondre ». Toutes ces interrogations peuvent être balayées en s’entraînant avec une personne de confiance qui conduira avec bienveillance des simulations d’entretien. Il faut se donner les chances de réussite en s’entraînant sans faiblir.

  • Là encore, il faut comprendre ce qu’attend le jury.

Extraits de rapports :

« Le jury a fait les mêmes constats cette année que l’an dernier en ce qui concerne les épreuves orales : c’est le bon sens des candidats, la cohérence de leur analyse et des projets pédagogiques qu’ils présentaient ainsi que leur capacité à proposer des mises en oeuvre réalistes et dûment justifiées qui ont été appréciés. La seule connaissance de « livres du maître » n’est pas suffisante.

Le jury souhaite rappeler aux futurs candidats qu’ils doivent savoir se positionner en tant qu’enseignants (éviter toute vulgarité, porter une tenue vestimentaire correcte, faire preuve d’une réelle aptitude à communiquer et utiliser un registre de langue adapté au caractère formel d’une épreuve de concours de recrutement).

Le jury attend souvent davantage un cheminement, une réflexion qu’une réponse. Il faut éviter de dire « je n’y ai pas réfléchi ». Les membres du jury ont avant tout envie de voir les candidats réfléchir à partir des questions qu’ils ont formulées ; il faut se montrer capable de conceptualiser.

Les jurys ont apprécié la compétence disciplinaire et professionnelle des candidats admis. Mais des lacunes importantes sont trop souvent à déplorer tant au niveau de la connaissance de données élémentaires que pour la maîtrise des contenus relatifs aux programmes d’enseignement.

Si la situation de concours peut amener certains candidats à perdre une partie de leurs moyens, ce constat interroge, ces candidats sont parfois des professeurs ayant en charge l’enseignement de la discipline, pour certains depuis de longues années.

La qualité du français est bien entendu prise en compte : il faut adopter un niveau de langue correct, compréhensible et surtout adapté à la profession. »

  • En résumé :

- Soyez simple.
- Positionnez-vous en tant qu’enseignant ou CPE.
- Soyez réactif et ouvert.
- Ne montrez aucune lacune dans la connaissance des programmes d’enseignement.
- Utilisez un vocabulaire précis et maîtrisé.


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