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Devenir enseignant contractuel ou vacataire : mode d’emploi

Devenir enseignant contractuel ou vacataire : mode d’emploi

Chaque année, l’Éducation nationale emploie environ 30 000 enseignants non titulaires pour occuper les postes vacants ou faire des remplacements. Sous le statut de «contractuels» (ou, jusqu’en 2016, de «vacataires»), ils représentent une proportion grandissante des enseignants, atteignant 7,6 % des effectifs dans les collèges et jusqu’à 11,7 % dans les lycées professionnels. Voici comment devenir enseignant sans concours, à temps partiel ou à plein temps.

Si la voie royale pour enseigner demeure de réussir le concours (CRPE pour le premier degré, CAPES, CAFEP, CAPEPS pour le second degré, CAPET et CAPLP pour l’enseignement technique et professionnel), les contractuels représentent une «variable d’ajustement» indispensable pour l’Éducation nationale.

Car, en plus des remplacements ponctuels à organiser, l’enseignement connaît une crise des recrutements par concours depuis quelques années : le Capes externe 2017 a ainsi vu plus de 18 % des postes offerts restés vacants à son issue. Des statistiques qui atteignent même 21 % des postes de professeur de mathématiques et 63 % de ceux de lettres classiques. Autant de postes ouverts aux contractuels.

Vacataire, suppléant ou contractuel : quelle différence ?

Le statut de contractuel

C’est dans l’enseignement public que le terme de «contractuel» est utilisé. Le décret n° 2016-1171 du 29 août 2016 a modifié le statut des agents contractuels recrutés pour exercer des fonctions d’enseignement, d’éducation et d’orientation dans les écoles et les établissements publics d’enseignement du second degré.

L’enseignant contractuel est recruté en CDD pour une année scolaire ou moins, de manière reconductible, à temps plein ou partiel. Le contrat est fixé pour la durée du besoin à couvrir. Si celui-ci s’étend sur toute une année scolaire, le contrat comprend alors toutes les vacances scolaires et s’arrête à la veille de la rentrée suivante.

Au bout de six ans, deux possibilités se présentent pour l’enseignant contractuel : il se voit proposer un CDI ou il cesse d’exercer. Il peut aussi devenir titulaire en obtenant un concours de l’enseignement.

Son salaire, inférieur à celui d’un titulaire, dépend de ses diplômes : il s’élève au minimum à 1 500 € brut avec un bac + 2, à 1 700 € brut au niveau bac + 3, voire plus selon l’expérience ou la spécificité du poste (un titulaire quant à lui perçoit environ 2 000 € brut en début de carrière). Des primes semblables à celles que perçoivent les enseignants titulaires peuvent s’y ajouter, et une réévaluation de la rémunération a lieu au moins tous les 3 ans.

Le statut de vacataire

Le statut de vacataire, qui existait dans l’enseignement public, a été supprimé en 2016. Il correspondait à l’intérimaire dans le secteur privé. L’enseignant était engagé par un chef d’établissement pour des «missions» ponctuelles, dans le cas par exemple du remplacement d’un enseignant titulaire en arrêt maladie. L’enseignant vacataire était donc susceptible de travailler dans plusieurs établissements au cours de l’année.

Un vacataire de l’enseignement secondaire était rémunéré à l’heure (34,30 €/h) pour un maximum de 200 heures par an, sans garantie de voir son contrat reconduit.

Le statut de suppléant

Dans l’enseignement privé, les vacataires et les contractuels sont appelés des «suppléants». Cette absence de distinction de statut entre les suppléants de courte ou longue durée est liée au fait qu’il n’existe pas de limite minimum ou maximum à leurs missions.

Dans tous les cas, le statut de suppléant est plus précaire que celui de contractuel (lui-même plus précaire que le statut de titulaire). N’ayant jamais la garantie de travailler chaque semaine, voire chaque mois, il exige souvent d’exercer une activité professionnelle en parallèle.

Vacataire ou contractuel : pour quel profil ?

Bien que pouvant être précaires, ces statuts alternatifs à celui d’enseignant titulaire attirent chaque année un nombre important de personnes intéressées par l’enseignement.

Ces emplois sont, pour certains d’entre eux, un moyen d’exercer le métier d’enseignant en complément d’une autre activité professionnelle. Cela se révèle également être un bon moyen de se ménager une «période d’essai» avant de décider de se jeter dans le grand bain de la préparation des concours.

D’autres encore exercent comme enseignants contractuels après un essai infructueux aux concours, avant peut-être de retenter leur chance…

Il faut dire que ces emplois présentent l’avantage d’être relativement faciles d’accès, et n’exigent aucune expérience pédagogique.

Conditions de diplôme dans l’enseignement public général (1er et 2nd degré)

Dans l’enseignement public, l’accès à un poste de professeur contractuel du premier ou du second degré est possible avec un diplôme de niveau bac + 3 voire, depuis le décret du 29 août 2016 et en cas de difficultés de recrutement, bac + 2.

Conditions de diplôme dans l’enseignement public technologique ou professionnel

Dans les disciplines technologiques et professionnelles, les candidats doivent justifier:

soit d’un diplôme de niveau bac + 2 ou 3 ;

soit d’un diplôme technique comme un CAP, un BEP, un BP, un bac pro ou un BTS.
Il est également possible d’être recruté en attestant d’une expérience ou compétence professionnelle en lien avec la matière enseignée.

Conditions de diplôme dans l’enseignement privé

Dans l’enseignement privé catholique, les postes d’enseignants non titulaires (suppléants) sont accessibles, en primaire, aux candidats diplômés du bac + 3 de leur choix.

Pour enseigner dans le secondaire, il est demandé d’être titulaire d’un bac + 3 en concordance avec la discipline d’enseignement.

Conditions de diplôme dans l’enseignement agricole

Pour l’enseignement agricole public ou privé, dépendant du ministère de l’Agriculture, les exigences pour les candidats sont les mêmes que pour les filières techniques : être titulaire d’un bac + 3 ou d’un diplôme technique (CAP, BEP, BP, bac pro ou BTS) ou d’une expérience professionnelle significative.

Comment postuler ?

Excepté pour les postes de l’enseignement agricole qui se font au niveau de chaque établissement via le site www.chlorofil.fr/, le recrutement des établissements publics se fait par académie.

Elles disposent toutes sur leur site Internet d’une application de gestion des candidatures des contractuels : les SIATEN (Système d’information des agents temporaires de l’Éducation nationale) ou un système plus récent appelé «Acloé». Véritables «candidathèques», ces applications sont un passage obligatoire pour tout nouveau candidat à un poste de non-titulaire dans l’académie.

Pour y accéder, tapez « Acloé ou SIATEN + le nom de votre académie » dans votre moteur de recherche.

Un peu à la manière d’un réseau social, on y crée un profil que l’on enrichit de sa lettre de motivation et de son CV. Les candidatures aux postes offerts par l’académie sont d’abord présélectionnées par le bureau du recrutement qui, le cas échéant, contacte le candidat. La sélection se poursuit par un entretien avec la personne chargée du recrutement pour le poste vacant.

Outres les diplômes requis, les candidats doivent remplir les conditions d’aptitude physique exigées pour l’accès à la Fonction publique et n’avoir aucune mention inscrite au casier judiciaire incompatible avec l’exercice des fonctions.

Des offres d’emploi d’enseignants contractuels sont aussi diffusées sur le site de Pôle emploi : n’hésitez pas à les consulter régulièrement et à y postuler.

Dans l’enseignement privé catholique, les informations concernant les recherches de professeurs, les retraits de dossiers et dépôts de candidatures se font auprès du Service d’accueil et d’aide au recrutement (SAAR) du département dans lequel on souhaite travailler, ou de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC).

À la différence du secteur public, il faut obtenir un «préaccord collégial» avant de pouvoir commencer à enseigner. Il s’agit d’un entretien individuel de motivation avec un jury de chefs d’établissement. Si le préaccord est obtenu, le nouvel enseignant est alors intégré à la liste des suppléants proposés aux établissements pour assurer les remplacements.

Cependant les chefs d’établissements ont la possibilité de refuser et choisir eux-mêmes le suppléant qu’ils souhaitent recruter. Les candidats peuvent donc également se renseigner directement auprès des chefs d’établissements.

Des outils pour les nouveaux contractuels

Se retrouver propulsé à la tête d’une classe sans aucune expérience ni formation n’est à l’évidence pas chose aisée. De nombreuses académies, comme celle de Créteil, proposent sur leur site Internet un «guide du débutant» pour aider à la prise de fonction et bien débuter dans la classe, avec des recommandations d’ordre aussi bien pédagogiques qu’administratives.

Cependant, rien ne remplacera le partage d’expérience avec des professeurs expérimentés, que le nouvel enseignant non titulaire n’hésitera pas à solliciter en salle des professeurs, auprès de ses nouveaux collègues.

Marie, 28 ans, suppléante dans une école primaire privée

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«Diplômée d’une licence de Sciences de l’éducation et d’un Master 2 en Métiers de l’éducation, de l’enseignement et de la formation, je suis enseignante sous contrat depuis quatre ans dans la même école.

Après un échec au concours de recrutement des professeurs des écoles (CRPE), j’ai été embauchée sous contrat par l’établissement dans lequel j’étais surveillante à mi-temps pendant mes études.

À temps partiel d’abord, puis à temps plein au bout de deux ans. Comme beaucoup de contractuels, je connais quand même chaque année de longues semaines de stress entre la fin de l’année scolaire et la rentrée : n’étant pas titulaire de mon poste, il peut être à tout moment réattribué en priorité à un professeur des écoles titulaire qui en ferait la demande.»


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