Difficile d’imaginer l’école du futur sans un réseau wi-fi parfait, une tablette par élève et surtout des écrans tactiles à la place du tableau noir. Mais où en est l’innovation ? En France, enseignants et chercheurs travaillent à concevoir l’avenir de l’éducation et tentent de prévoir la pédagogie de demain avec des outils intéressants pour l’élève comme pour l’enseignant.

À Marly-le-Roi, le réseau Canopé (ressources et développement du numérique pour l’Éducation nationale) de l’académie de Versailles, fait collaborer des professeurs et scientifiques sur la création de nouvelles technologies de l’enseignement.

L’Éducation nationale a d’ailleurs nommé dans toutes les académies un Délégué académique au numérique (DANE), chargé de former les enseignants à ces nouveaux outils mais aussi de développer avec différents constructeurs les futurs outils de nos salles de classes.

Le wi-fi partout et pour tous

Pour Stéphane Proust, adjoint au DANE et responsable pour l’académie de Versailles des infrastructures et équipements pédagogiques, « le réseau wi-fi dans toutes les classes, aux niveaux primaire et secondaire, ce ne sera pas avant 2025 ».

Une prévision qui semble avoir déjà été calculée avec précision mais qui dépendra surtout du financement des collectivités. Si l’éducation est placée au premier plan au niveau national et régional, il n’empêche que certaines mairies ou conseils généraux mettent parfois du temps à se décider.

Après de nombreux plans informatiques coûteux et parfois défectueux, certains maires sont réticents à l’installation de réseaux Internet dans les écoles, craignant parfois aussi que le temps d’installer le dernier modèle le plus high-tech, le suivant soit déjà proposé et ne rende le premier ringard.

Un nouvel élan de confiance semble cependant regagner nos mairies puisque 35% des enseignants en France sont aujourd’hui des utilisateurs de solutions numériques dans leurs cours.

La révolution tactile VNI

« Vidéoprojecteur Numérique Interactif », c’est le joli nom du nouveau collègue préféré des enseignants, créé en 2010, et déjà utilisé dans de nombreux collèges et lycées. Le Canopé de Versailles propose à tous les établissements désireux de s’équiper d’un VNI une formation d’un minimum de deux demi-journées pour former les enseignants à l’utilisation de ce nouveau tableau tactile développé par le constructeur EPSON.

Au doigt ou avec un stylet, le professeur et les élèves peuvent écrire, dessiner, relier, tracer sur cet écran interactif auquel différents logiciels s’ajoutent pour chaque matière enseignée au primaire et au secondaire. Au cours d’une formation, un professeur de mathématiques pourra ainsi travailler sur le programme qu’il enseigne en découvrant les différents outils imaginés dans cette optique.

Pascal Cotentin, le DANE et inspecteur général chargé du primaire et du secondaire pour l’académie de Versailles, assure qu’un outil numérique comme le VNI n’a d’intérêt que s’il est réellement pensé par des professeurs et donc avec un esprit pédagogue.

Cet écran tactile, permettant de gérer aussi bien des vidéos ou des images que la plupart des logiciels classiques d’enseignement, est travaillé pour être le plus simplifié possible, pour être accessible à toutes les sections. « Avec 10 % seulement de scientifiques, il a bien fallu créer un outil qui s’adresse aussi aux autres… ».

Les cours en 3 dimensions

Afin de progresser dans l’explication de certains cours, des caméras et écrans 3D sont proposés aux établissements. L’idée : laisser aux enseignants le choix des sujets en leur proposant de réaliser les films eux-mêmes grâce à une caméra, et permettre aux élèves les plus jeunes de comprendre un métier, un mouvement, un phénomène en le regardant sous différents angles.

La 3D permettra d’expliquer une action avec davantage de détails qu’une vidéo ou une photo classique et d’une manière plus ludique, ce qui sert à la fois l’enseignant et l’élève.

Suite à des concertations avec des professeurs, les constructeurs ont aussi réalisé que le tableau vertical d’une salle de cours n’était pas forcément le meilleur moyen d’expliquer un cours à une grande classe. Certains constructeurs ont donc développé des projecteurs tactiles qui permettent de travailler à l’horizontale, directement sur une table.

Pour les maternelles, EPSON a aussi développé des écrans au sol plus adaptés aux moyennes et grandes maternelles. Des « visualiseurs », l’équivalent de caméras dotées de capteurs, permettent d’expliquer une action en la réalisant sur un bureau et en la projetant en direct sur un écran ou sur un mur.

Ces différentes techniques laissent libre cours à l’imagination : les capteurs servent à compléter le cours en l’imageant sur la surface filmée (on voit sur l’écran un personnage ou un phénomène se déplacer sur la surface visée par la caméra).

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En classe de maternelle, les plus jeunes peuvent découvrir l’écriture, la lecture ou le jeu grâce à une projection tactile au sol gérée avec un stylet.

Un échange nécessaire entre l’élève et le professeur

Pour Pascal Cotentin, inspecteur général de l’Éducation nationale, « on a jusqu’ici sous-estimé le cerveau de l’élève ». Ce normalien spécialisé dans le numérique explique que les technologies qui se développent aujourd’hui pour servir les enseignants comme les enseignés doivent être repensés pour être plus adaptés aux capacités de chacun.

Lorsqu’on l’interroge sur ce à quoi ressemblera la salle de classe en 2030, il insiste sur le fait qu’il y aura toujours cet échange nécessaire entre l’élève et le professeur. Impossible cependant de dire en quelle année tous les établissements seront désireux de mettre le numérique dans toutes les classes, et de former leurs enseignants à bien l’utiliser.


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